quai des bulles 2012

A quelques pas des légendaires remparts de Saint-Malo s'est tenue, les 26, 27 et 28 octobre 2012, la 35e édition du festival Quai des Bulles, consacré au neuvième art. Créé en 1981, ce festival est parvenu, malgré une forte affluence – plus de 32 000 visiteurs en trois jours cette année – à conserver son atmosphère familiale et conviviale. 

Toujours aussi éclectique, le festival réunissait cette année quelques 560 auteurs, les maisons d'éditions historiques (Dupuis, Dargaud, Glénat, Soleil, Delcourt, etc.) ainsi que les éditeurs plus récents (Emmanuel Proust, Ankama, Akileos, Les Requins Marteaux, etc.) et mettait à l’honneur les innombrables genres et sous-genres que brasse la bd franco-belge et les comics – les mangas étant, de leur côté, moins représentés. 

Au programme, la traditionnelle chasse aux dédicaces, où les plus mordus se démènent et déploient des trésors d'ingéniosité pour obtenir le maximum de crobars (parfois vite faits, parfois ultra léchés) de leurs auteurs fétiches. Certains dieux auteurs sont d'ailleurs tellement sollicités que des tirages au sort sont organisés pour pouvoir espérer les approcher et obtenir la sainte dédicace. Il est d’ailleurs assez amusant d’observer que tout le monde finit par se prêter au jeu. Y compris des bambins que l’on peut voir circuler dans les allées avec leurs bd sous le bras et faire la queue devant les nombreux stands jeunesse.

dedicace

crédit photo : les Chroniques d'Evenusia

Une dédicace de l’excellent dessinateur Riff Reb’s, auteur notamment de la récente adaptation (chez Soleil) du roman de Jack London, Le Loup des mers. Chaque page tournée est une vague d’eau salée et d’écume projetée à la face du lecteur. 

dédicaces 2

crédit photo : Les Chroniques d'Evenusia

L’incontournable Olivier Vatine (à gauche) et Mike Hawthorne (à droite): 

ils adaptent en bd (chez Ankama) respectivement Niourk et Oms en série, deux classiques de la littérature de science-fiction, signés Stefan Wul.

Pour ceux que la quête du Graal de la dédicace motive moins, ce festival reste une très agréable occasion d’échanger quelques mots avec les auteurs, les éditeurs et autres passionnés du milieu, de se tenir au courant des dernières séries qui cartonnent ou de découvrir des auteurs prometteurs. Des concours, des conférences – un peu fumeuses parfois – et plusieurs expositions sont également organisés tout au long du festival : on retiendra surtout cette année deux expos, consacrées respectivement aux magnifiques planches de l’Allemand Andreas (auteur, notamment, de la série ésotérique culte Capricorne) et à celles du Britannique Sean Philips (dessinateur de la géniale série Criminal, entre autres).

Quelques mauvais points viennent assombrir le bilan globalement très positif de cette édition : deux stands de restauration seulement ( !) qui ont en plus le mauvais goût d’être assez mal approvisionnés – mieux vaut sortir du festival pour aller déguster une crêpe à l’intérieur des remparts… – et une capacité d’accueil du site qui atteint son seuil critique : les organisateurs devront probablement faire le choix entre agrandir le festival ou limiter le nombre de billets d’entrée.

Le Quai des bulles, deuxième festival français consacré à la bd (après Angoulême), reste une valeur sure pour les amoureux du neuvième art ou pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Site officiel : http://www.quaidesbulles.com/

Compte-rendu de Block pour Les Chroniques d'Evenusia