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La prequel inédite de Do androids Dream of Electric Sheep !

Présentation de l’éditeur : chez Emmanuel Proust Editions

Rick Deckard n’existe pas encore… Quand l’ultime Guerre Mondiale se termine, les androïdes deviennent une menace pour l’espèce humaine. Il faut donc les éradiquer ! Qui va se charger du sale boulot ? Deux hommes sont désignés : Malcolm Reed, un "spécial", capable de ressentir les émotions des autres, et Charlie Victor, apparemment l’homme providentiel pour ce job…

Quels lourds secrets cachent ces implacables chasseurs ? Ce récit situé en amont de Do Androids Dream of Electric Sheep ? respecte l’oeuvre de Philip K. Dick tout en apportant des réponses à certaines questions soulevées dans le roman…

Avis de Block

Le problème, lorsque l’on adapte une oeuvre culte - ou qu’on en exploite l’univers - "c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin" comme disait Cocteau... Dust to Dust, le spin-off du roman de Philip K. Dick Do Androids dream of electric sheep ? offre une nouvelle illustration de cette difficulté.

En soi, l’histoire de Chris Roberson, qui se déroule avant les événements du roman de K. Dick, tient bien la route. L’alternance de trois narrateurs donne du relief au récit et l’enchaînement des différentes séquences est bien maîtrisé. L’auteur inscrit intelligemment son action dans le contexte post-apocalyptique du roman-source et y intègre les ingrédients fondamentaux : les androïdes, la quasi-extinction de toute vie animale, les "spéciaux", etc. L’hommage, à cet égard, est réussi.

Mais c’est aussi là que le bât blesse : Dust to Dust peine à s’affranchir du matériau d’origine. Plutôt que d’exploiter et d’explorer la richesse de l’univers de l’oeuvre de K. Dick, Roberson se contente timidement d’en reproduire la trame principale en racontant, à nouveau, une traque d’androids séditieux.

Il est dommage que l’auteur n’ait pas su (ou pas pu ?) dégager de nouveaux enjeux, de nouvelles idées et de nouvelles problématiques, pour proposer une histoire réellement originale et enrichir ainsi l’univers de base. Le quatrième de couverture indique que le comics a été "réalisé en collaboration avec la succession de Philip K. Dick" : peut-être cela explique-t-il la retenue de l’auteur de ce spin-off ?

Côté dessin, Robert Adler propose un travail efficace, au service du récit. Ses atmosphères sombres happent le regard et ses angles de vue confèrent aux actions une belle vivacité. En revanche, ses personnages, à quelques exceptions près, manquent de charisme, ce qui n’aide pas à susciter un intérêt pour leurs péripéties.

Dust to Dust est donc un bon comics en soi, mais compte tenu de son matériau de départ, il aurait pu proposer bien davantage. Il faudra toutefois attendre le second et dernier tome pour se forger un avis définitif... des surprises sont peut-être à venir !