Gravity-Affiche

En salles le 23 octobre 2013

Film de Science-Fiction avec Sandra Bullock, George Cooney, Ed Harris

Synopsis :

Lorsqu’une catastrophe se produit à bord de leur navette spatiale, une experte en ingénierie médicale (Sandra Bullock) et un astronaute chevronné (George Clooney) se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans le vide spatial.

Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste.

L'avis de Block :

Il arrive d’éprouver un sentiment de lassitude à l’égard du cinéma, d’avoir l’impression qu’il tourne en rond, qu’il ne sait plus proposer d’oeuvre originale, qu’il ne fait plus vibrer... Mais, de temps à autre, sort un film qui vous rappelle pourquoi vous avez aimé le septième art : l’émerveillement, l’évasion, l’émotion. Gravity est l’un de ces films : en 1H30, Alfonso Cuaron démontre brillamment qu’il existe encore un intérêt à se déplacer dans une salle obscure.

Gravity est d’abord une prouesse technique qui aura coûté quatre ans de la vie du réalisateur. Visuellement, Alfonso Cuaron livre de loin le film le plus époustouflant de l’année. Jamais l’espace n’a été filmé avec une telle maestria : des plans-séquences d’anthologie, une photographie remarquable, une caméra aérienne, dont la liberté de déplacement et l’amplitude rappellent celle de Gaspar Noé dans Enter the Void, et une 3D saisissante.

Gravity aurait pu n’être qu’un exercice de style virtuose, une expérience en apesanteur, immersive et renversante - Alfonso Cuaron avoue d’ailleurs avoir conçu son oeuvre comme un tour de montagnes russes. Mais le film séduit également par l’histoire qu’il raconte - une lutte acharnée sur le fil, entre la vie et la mort - et la manière dont elle est racontée.

Cuaron fait montre d’un sens du suspense digne de Spielberg et d’un sens de l’image qui évoque parfois Aronofsky (en plus sobre). Il propose notamment à cet égard, tout au long du film, une magnifique analogie visuelle avec le cycle de la naissance, de la conception à l’enfantement.

Côté casting, le choix de Sandra Bullock en scientifique-astronaute de la NASA pouvait surprendre, et nourrir quelques craintes. Elle s’avère plus que crédible : elle est convaincante et attachante. Georges Clooney accepte de se placer en retrait et met sa suavité habituelle au service du récit.

Un bémol ? Alors que le film offre une expérience de cinéma inédite, les dialogues, eux, s’inscrivent dans la tradition hollywoodienne. Ce ne sont pas tant les notes d’humour qui gênent - celles-ci ont tout à fait leur place, dès lors qu’elles n’ont pas vocation à faire rire mais qu’elles sont utilisées comme une défense psychologique par des protagonistes plongés dans une insoutenable situation de stress - mais le cliché de certaines répliques. De ce point de vue, Gravity aurait pu être plus brut, plus sec, plus silencieux. Mais le film vise une large audience, américaine et internationale, ce qui, compte tenu du temps consacré à ce projet, paraît compréhensible.

Alfonso Cuaron s’est aventuré dans un territoire peu exploré et en revient avec une pépite unique, solaire et d’une beauté à couper le souffle. A voir au cinéma, évidemment.

N.B. : Les mouvements de caméra en apesanteur, même s’ils sont doux, pourraient perturber les personnes les plus sensibles au "mal de mer au cinéma". Pour celles-ci - et bien que le film soit très clairement conçu pour la 3D - peut-être est-il préférable de voir le film en 2D.

Bande-annonce VOST

 

 Réaction des Spectateurs

Gravity vu par l'astronaute Jean François Clervoy

 Interview d'Alfonso Cuaron

Interview de Sandra Bullock

Avis de Block publié originalement sur Onirik.net