chanson douce

 

Sortie VF le 18 août 2016

Présentation de l'éditeur : chez Gallimard - Prix Goncourt 2016

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Mon avis : 

Basé sur un fait divers, nous connaissons dès les premières phrases l'issue de l'histoire ("Le bébé est mort"). Ecrit à mi-chemin entre le thriller et le roman psychologique, Chanson Douce est un roman qui ne laissera personne indifférent. 

Sombre et dérangeant, d'une écriture simple et avec de courtes phrases, l'auteure instaure une atmosphère pesante dont le malaise s'intensifie au fur et à mesure. 

On s'immisce dans la vie de ce couple bourgeois, loin de l'image du couple parfait. Ils essaient de faire de leur mieux pour leurs carrières, leurs enfants, la nounou. C'est une couple moderne, avec des failles, leurs problèmes du quotidien, tellement réalistes qu'on ne peut s'empêcher de s'y identifier.

C'est également une histoire de domination, du pouvoir sur les autres. On est happés par une sorte de curiosité malsaine. Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui peut faire qu'un quotidien d'apparence calme puisse basculer dans l'horreur ? On connait la fin mais le récit devient addictif, comme si on pouvait changer le cours des choses. 

L'auteure décortique également la vie des petites gens, leur solitude qui s'allège quand elles partagent le quotidien de ces familles bourgeoises, présentes parfois même jusque dans leur intimité. Elles sont souvent la mère de substitution pour leurs enfants qu'elles nourrissent, consolent et cajolent en l'absence des parents. 

Cette histoire fait froid dans le dos et si vous êtes parents d'enfants en bas âge... il faudra avoir le coeur bien accroché.