Phobie douce

Sortie VF le 1er février 2017

Présentation de l'éditeur : chez Casterman

De toute façon, Solomon n'avait jamais besoin de sortir de la maison. Il avait de la nourriture. Il avait de l'eau. Il pouvait voir les montagnes depuis la fenêtre de sa chambre. Ses parents étaient si occupés qu'il organisait sa vie à la maison à sa guise. Jason et Valérie Reed n'intervenaient pas, parce que finalement céder à leur fils était la seule solution pour qu'il aille mieux. A l'âge de seize ans, il n'avait pas quitté le domicile familial depuis trois années, deux mois et un jour. Il était pâle, assez souvent pieds nus, et allait plutôt bien.

Mon avis : 

Solomon est enfermé chez lui depuis plus de trois ans. Hormis ses parents et une grand-mère un peu originale qui vient régulièrement lui rendre visite, il ne voit personne, pas d'amis, pas même virtuels, car il ne fréquente même pas les réseaux sociaux. Il fuit le monde extérieur sous toutes ses formes. Mais Sol est heureux. Sa vie est très structurée et calme, sans surprises. Cela lui permet de tenir éloigné ses crises d'angoisse qui se déclenchent au-delà des murs rassurants de sa maison. 

Lisa est une jeune fille ambitieuse qui rêve de quitter la petite ville où elle habite, et rentrer à l'université de psychologie avec une bourse. Pour cela, il lui faut présenter un mémoire avec un sujet d'étude.

Lisa n'a jamais oublié Solomon, qui, pour éviter une crise de panique, s'était dévêtu au milieu des élèves et avait plongé en caleçon dans une fontaine avant d'être emmené dans les bras par le proviseur. Il n'est plus jamais retourné à l'école.

Lisa est décidée à approcher Solomon et à tout tenter pour l'aider, persuadée qu'elle peut le changer et en profiter pour qu'il soit au coeur de son projet de mémoire.  

Mais Solomon n'est pas le garçon malheureux et ennuyeux qu'elle pensait rencontrer et une profonde amitié va bientôt se lier entre eux, amitié bâtie sur le mensonge de Lisa. 

L'agoraphobie et autres pathologies décrites dans ce roman sont des sujets graves qui n'ont pourtant pas empêché l'auteur de les traiter avec beaucoup d'humour. Sol a eu trois ans pour intégrer toutes ces difficultés et les accepter. Malgré cela, il se rend tout à fait compte du poids qu'il représente pour sa famille. Il a une image très lucide de ce qu'il est et il hésite toujours à changer quoi que ce soit dans son quotidien. L'irruption de Lisa et de son amitié va perturber sa petite vie bien réglée et lui donner envie de se dépasser. 

Entre jeux de société, bavardages incessants sur Star Trek et visonnages de films autour d'une pizza vont s'installer espoirs et confidences