ce qui se dit la nuit

Sortie VF le 8 février 2017

Présentation de l’éditeur : chez Calmann-Lévy

«Je ne crois pas au hasard.

Ni aux malédictions.

Sinon je ne serais pas flic.» Amaury Marsac

Rentrer chez soi.

Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les «ides»: homicides, infanticides, parricides... À peine quadragénaire, le Commissaire Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.

Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.

Cette femme, c’est Marianne, une figure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

L'avis de Linagalatée :

Manon a écrit une lettre à Amaury lui demandant de venir, qu’il se passait des choses étranges au village. Ca tombe bien, Amauray Marsac a besoin de repos. Commissaire au 36, il a eu sa dose de cadavres. A presque quarante ans, il traine chaque affaire comme un boulet qui l’empêche de vivre. Mais, le boulet le plus lourd est quand même celui de Solène, sa petite sœur, morte noyée, et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Si lui et son frère n’avaient pas détourné les yeux une minute, Solène serait toujours en vie.

Manon est la sœur d’Elsa. Manon a le cerveau un peu dérangé parfois, elle est née avec le cordon ombilical autour du cou et ce petit manque d’irrigation, a généré des troubles. Mais Manon est également une très belle jeune femme, tout comme Elsa. Elsa, le grand amour inavoué d’Amaury.

Marianne Touret a été très présente pour Amaury quand il a perdu sa sœur, et elle est restée très proche de Manon et d’Elsa. Aussi, quand son corps est retrouvé mutilé, le crâne rasé et un bout de tissu cousu sur le cœur, tous sont sous le choc.

Bien sûr, il y en aura toujours pour dire que Marianne était une sorcière, qu’elle savait faire des sorts. Mais Amaury la connaît mieux que personne, Marianne ne faisait de mal à personne, elle, qui avait déjà tant souffert. Et ses deux fils ne sont pas pour rien dans ses souffrances, deux rustres à peine éduqués, que seul son mari René parvenait à tenir. Mais René est mort d’une crise cardiaque, et c’est là que tout à commencé à aller de travers.

La belle Manon et ses secrets qu’elle seule connaît, et que seule Elsa arrive à calmer.

Marianne, la douce, la tendre, qui ne méritait pas cette fin, indigne d’elle.

Les fils Touret, alcooliques, violents, qui appelaient leur mère « la vieille ».

Amaury, écorché vif, très ébranlé par la mort de Marianne et l’attitude de Manon.

Les deux Vieux, Ferdinand et Henri, eux aussi un peu herboristes et sorciers, et qui ont bien une idée sur la question de qui a pu zigouiller la Marianne.

Et enfin les policiers du village, que la venue d’Amaury dérange, ils n’ont pas besoin d’un gars de Paris pour résoudre une enquête aussi facile, et il ferait beau voir qu’il vienne marcher sur leurs platebandes !

Autant de personnages truculents, berrichons de père en fils, la terre collée aux sabots, pleins de poésie et de tendresse. Parce que certes il y a eu meurtre, mais cette vie paysanne, pleine de charme, est savamment racontée par Elsa Roch, qui a su en extraire toute l’essence.

Il y a le meurtre oui, mais il y a aussi ces hommes et ces femmes, loin du tumulte de la ville, avec leur façon de vivre et de penser, accrochés à leur terroir et à leurs coutumes ancestrales. Ils n’oublient pas que la Marianne, c’était quand même une sorcière, et il arrive que parfois, les sorcières soient tuées.

Un roman que j’ai adoré, je me suis imaginée ces paysages berrichons, ces soirées au coin du feu, ces vieilles bâtisses aux cours pavées, je n’imaginais pas du tout un roman policier ainsi, quelle magnifique surprise. Car malgré tout, l’enquête n’est pas laissée au hasard, ni bâclée.