La galerie des jalousies

 Sortie VF le 6 septembre 2017

Présentation de l’éditeur :chez Calmann Levy

1920. Sur le site minier de Faymoreau en Vendée, un coup de grisou a provoqué l’effondrement d’une galerie. Apprenant la tragédie, Isaure Millet, la fille des métayers du château, s’est précipitée sur les lieux. Thomas Marot, l’homme qu’elle aime depuis toujours, fait partie des mineurs pris au piège. Les secours s’activent. Thomas est sauvé mais le soulagement d’Isaure est de courte durée : le jeune homme est déjà fiancé à une ouvrière polonaise. Comment pourra-t-elle se résoudre à renoncer à lui ?

Les suites de la catastrophe prennent une tournure inattendue: l’une des victimes retrouvées sans vie au fond de la mine a, en fait, été assassinée d’une balle dans le dos… L’enquête bute sur le mutisme des témoins. La belle Isaure, qui lutte pour dissimuler les sentiments qu’elle voue à Thomas, en sait-elle plus qu’elle ne prétend ? Quel secret cache la petite communauté de gueules noires ?

L'avis de Linagalatée :

Isaure Millet a à peine 18 ans mais elle est déjà en passe de devenir institutrice dans son petit village de Faymoreau en Vendée. Pour l’heure, elle vit à La Roche sur Yon où elle est surveillante dans une école privée.

Ses parents sont métayers à Faymereau, sur les terres d’une châtelaine, Madame de Régnier, et elle a pu suivre des études et obtenir ce poste grâce à la bienveillance de celle-ci.

Mais en ce samedi, jour de congé, alors qu’elle flâne, elle voit un article, il y a eu un coup de grisou à la mine de Faymereau, trois morts et deux hommes sont vivants sous les décombres. Sans réfléchir aux conséquences, elle fait son sac et prends le premier train. Il faut qu’elle sache pour Thomas !

Thomas Marot, Son Thomas, qu’elle aime tant, et qui ne lui a même pas envoyé une carte pour son anniversaire. Son Thomas qu’elle aime en secret depuis toujours, lui qui l’a toujours défendue contre les autres enfants qui ne faisaient que la rabrouer et la rabaisser, comme chez elle d’ailleurs.

Thomas, qui pansait ses blessures, qui la consolait, quand son père avait la main ou la ceinture trop leste, et qu’elle ne pouvait pas compter sur la tendresse de sa mère.

Isaure n’est pas une enfant aimée, son père aurait voulu un troisième garçon et sa mère est bien trop soumise pour s’opposer à son mari, alcoolique et violent envers Isaure. La situation s’est encore dégradée après la guerre, les deux fils sont morts et Bastien Marot est devenu encore plus violent, obligeant Isaure et sa femme, à exécuter des travaux dignes d’hommes robustes, Isaure a vu son départ en ville, comme une véritable délivrance.

Thomas fait partie des deux hommes coincés au fond de la mine, sous les gravats, il est en compagnie de Piotr Ambrozy, son futur beau-frère. Il s’est fiancé avec la belle Jolenta, fille d’immigrés polonais, en l’absence d’Isaure.

Thomas n’a pas vu Isaure grandir, elle est toujours pour lui, la petite fille qu’il protégeait, sa petite sœur, et il ne sait rien des sentiments qu’elle lui porte, même s’ils se voient comme le nez au milieu de la figure, même si tout le monde l’a deviné depuis longtemps.

Isaure a tout quitté sur un coup de tête pour venir auprès de Thomas, qui elle l’apprend, s’est destiné à une autre. Le choc est violent !

La vie reprend doucement. Thomas et Jolenta se marient, et Isaure reprend sa vie de fille de métayer. Le dur labeur, les coups, et Thomas qui n’est plus autant disponible pour elle.

Mais il y a un autre homme au fond de la mine, qui n’est pas mort du coup de grisou, il a pris une balle dans le dos, et la police en la personne de Justin Deversa été détaché pour résoudre ce crime.

L’enquête s’annonce très difficile, le meurtrier est-il également mort au fond de la mine ou a t’il réussi à s’enfuir avant l’éboulement ? Et Justin Millet va être confronté à un autre problème de taille : le silence des gueules noires, ce qui se passe au fond de la mine reste au fond de la mine, et on ne dénonce pas un collègue. Bref, ils n’ont pas du tout l’intention de l’aider, mais parfois à ne pas dire les choses, on fait quand même des aveux !

Vous dire que j’ai dévoré ce premier tome serait un euphémisme, je ne l’ai pas lâché, profitant de chaque seconde libre pour en lire quelques mots.

Isaure est devenue mon amie, je suis devenue sa plus proche confidente, j’ai souffert avec elle à chaque coup dur, j’ai détesté Jolenta, comme elle, j’ai haï son père et désintéressée de sa mère, pleuré de la perte de ses frères et du manque d’intérêt de Thomas, son personnage est si bouleversant qu’on ne peut qu’être près d’elle tout au long de la lecture.

Elle est bouleversante d’innocence, de naïveté, de colère brute, de rage et de haine.

Mais tous les personnages du roman sont remarquables, dévoués, aimants, taquins, mais aussi intéressés, fourbes, menteurs.

La famille Marot a également eu son lot de souffrance, si Thomas est revenu de la guerre sans blessure physique, Jérôme lui est revenu sans ses yeux, leur petite dernière Anne est atteinte de tuberculose, elle vit désormais au sanatorium de Saint-Gilles sur Vie, et les deux autres filles Zilda et Adèle sont entrées dans les ordres. Honorine et Gustave, les parents, ont toujours eu une tendresse particulière pour Isaure, qui fait presque partie de la famille, c’était encore chez eux qu’elle venait quémander un morceau de pain quand elle avait trop faim.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, tellement j’ai adoré cette magnifique et sombre histoire d’après-guerre, mais il faut que je vous laisse également la découvrir, vous en imprégner, la vivre. Sentir toutes les odeurs des terres d’automne, du froid piquant de l’hiver, de la chaleur d’un bon feu ou des bras de l’homme que l’on aime.

Il s’agit là d’une réédition, les couvertures sépia sont magnifiques, le second tome est prévu pour une parution le 18 octobre, et le troisième le 8 novembre 2017.

J’ai laissé Isaure sur le quai d’une gare de Vendée, mais on s’est promis de se retrouver très vite, elle a tant à me raconter encore.

Lire la chronique du tome 2