la galerie des jalousies 3

Sortie VF le 8 novembre 2017

Présentation de l’Editeur : chez  Editions Calmann Levy

Faymoreau (France), 1921 Jolenta est retournée en Pologne. Elle s’est bien gardée d’avouer qu’elle n’a pas l’intention de revenir vivre en France, de sorte que, si Isaure et Thomas peuvent enfin s’aimer, ils sont toujours contraints de se cacher. Certes, ils comptent régulariser leur relation, mais cette avenue n’est pas exempte d’obstacles. Sur son lit de mort, la mère d’Isaure lui révèle un secret qui lui ouvre des horizons nouveaux et qui rend possible la réalisation de son rêve. C’est donc avec un bonheur renouvelé qu’elle se consacre tout entière à des enfants malades des environs ainsi qu’à de jeunes orphelins privés de leurs parents en raison de la guerre. Or, qui donc s’acharne à entraver un projet aussi généreux? Apparemment, ses succès ne répondent pas au goût de tout un chacun… Avec une intrigue et une action soutenue, Marie-Bernadette Dupuy conclut cette palpitante trilogie, où elle fait revivre le milieu des mines de charbon vendéennes.

L'avis de Linagalatée :

Le sort s’acharne sur notre belle Isaure. Tout ce qu’elle dit ou fait se retourne contre elle, avec à chaque fois des conséquences, qui lui minent le moral.

Elle est en train de perdre sa maman, et même si les relations n’ont jamais été au beau fixe entre elles, elle se doit d’aller la voir une dernière fois. Et ce qu’elle va apprendre de sa bouche, va la laisser complètement effondrée. Si tout d’abord elle croit à des divagations de mourante, elle va bien être obligée d’accepter la vérité.

Jolenta, l’épouse de Thomas, ne reviendra jamais de Pologne, c’est une évidence. Il n’y a plus guère que son père qui le croit et l’espère. Celui-ci devient de plus en plus bougon et la haine qu’il voue à Isaure grandit de jour en jour. A ses yeux, elle seule est responsable de toutes les situations qui le dépassent.

Mais Thomas et Jolenta sont toujours mariés, et il y a peu de chance que la situation change, ils sont donc obligés de vivre leur grand amour dans le secret le plus complet. Mais même si cela doit durer toute la vie, ils s’en contenteront.

Grâce aux donations de Justin Devers et du comte Théophile de Régnier, Isaure va enfin pouvoir donner vie à son projet de maison pour handicapés et orphelins de guerre. Thomas vient vivre avec d’autres ouvriers dans les dépendances de la grande maison, ce qui donne encore du grain à moudre aux mauvaises langues.

Isaure est plus heureuse que jamais, elle va enfin pouvoir être institutrice et pour les plus démunis, un rêve enfin devenu réalité. Le personnel est au complet,  l’instituteur va bientôt arriver pour la classe des garçons, et début octobre la classe commence. Une nouvelle vie à l’horizon, et même si tout n’est pas encore rose, beaucoup de choses sont un peu moins noires.

Quel beaux personnages, tous ont tellement de qualités de cœur, qu’il est bien difficile de les quitter.

Isaure, tenace, généreuse, éperdument amoureuse de son Thomas depuis sa plus tendre enfance. Elle a tout accepté pour ne pas lui nuire, ni nuire à sa vie, mais les sentiments étaient trop forts. Mais la roue tourne, et des jours meilleurs se profilent à l’horizon.

Thomas, doux rêveur, il ne s’est pas rendu compte qu’Isaure avait grandi et lui portait un amour sans bornes. Quand il s’en rendra compte, et que surtout il acceptera que la réciproque est également vraie, il est trop tard. Thomas est marié à Jolenta, une jolie polonaise, qui attend un enfant de lui. Le couple va s’éloigner l’un de l’autre au fil du temps, jusqu’à ce que le mariage devienne irrécupérable. Mais on ne divorce pas comme ça en 1920 ! Thomas a bien tenté de résister à la vague dévastatrice qui déferlait sur lui, mais son amour pour Isaure grandit chaque jour, jusqu’à l’envahir tout entier, l’amenant aux portes de la folie.

Le couple Marot, les parents de Thomas, connaissent eux aussi Isaure depuis petite, depuis que Thomas l’a prise sous son aile pour la protéger d’un père violent et d’une mère indifférente. Grâce à eux, elle a pu goûter à des bonheurs simples et un peu d’amour.

Tous ces gens qui ont peu, mais qui n’hésitent pas à partager avec d’autres qui ont encore moins qu’eux.

Une trilogie remplie d’amour, d’écueils, de difficultés, d’erreurs, d’amitié, de vie tout simplement.

Isaure a vraiment un destin hors du commun. Issue de cette petite métairie, elle n’aura de cesse de changer sa vie et se tirant vers le haut ! Echapper à cette violence, cette cruauté, ce manque d’amour, c’est ce qui l’a animée des années durant.

L’auteur a eu la délicatesse à la fin de la trilogie de nous donner des nouvelles des destins des uns et des autres, jusqu’à la seconde guerre. Les décisions d’Isaure sont égales à son image, protéger les plus démunis.

J’aurais pour ma part adoré que l’aventure continue encore, surtout qu’il y avait matière avec les évènements de 1939-1945, j’aurais bien vu une Isaure cacher des enfants juifs dans son institution, Thomas et Denis prendre le maquis, je n’avais pas envie de les quitter. Pas encore. Pas du tout d’ailleurs.

L’auteur en a décidé ainsi, tant pis, je me plais à imaginer des suites dans mon imaginaire, celui dans lequel Isaure, Thomas, Pierre, Denis,  Geneviève et Armand, Christine et Jérôme, Viviane et Félix.

Une magnifique trilogie, qui s’est arrêtée trop tôt à mon goût.