l'école buissonnière

Sortie VF le 11 octobre 2017

Adapté pour la jeunesse par Christine Feret-Fleury

Présentation de l’éditeur :Hachette Romans

Sur le quai d’une gare de Sologne, Paul Caradec, onze ans, regarde le train s’éloigner, le cœur serré.

Nous sommes dans les années 1920 et Paul vient d'être confié à une amie qui, tout comme ce pays sauvage d’étangs et de forêts, est pour lui une parfaite inconnue.

Heureusement, Paul fait bientôt la connaissance de Totoche, un braconnier haut en couleurs. Peu à peu, l’homme et l’enfant s’apprivoisent, et le braconnier enseigne au petit Parisien tous les secrets de la forêt.

Tous, sauf un…

L'avis de Linagalatée :

Paul va devoir quitter la région parisienne pour aller vivre en Sologne, Jean son papa doit partir travailler en Algérie, poser des rails de chemin de fer, et sa maman Mathilde est morte à sa naissance.

Célestine, qu’il voit pour la première fois, à l’air de bien connaître son papa, il ne lui en a jamais parlé pourtant.  Elle a l’air douce et gentille, Célestine, c’est pas comme son mari, Borel, toujours à râler et à crier que Paul est un bon à rien, qu’il ne sait rien faire.

La transition est rude, mais Paul fait avec. Déjà les enfants du village se moquent de lui "Parisien, tête de chien. Parigot, tête de veau". Paul a beau leur expliquer qu’il est banlieusard, pour les enfants c’est du pareil au même. Déjà la rentrée des classes l’effraie en ce début d’été.

Mais Paul fait sa petite vie, et il a découvert un trésor, en la personne de Totoche, un braconnier retranché dans la forêt. Paul va réussir à l’amadouer, lui et Garçon, sa fidèle chienne. Totoche va tout lui apprendre, les pièges, les appâts, les coins à champignons, et à parler la langue propre à la Sologne.

Quelle bouffée d’air frais ! Un régal de lecture ! Comme Paul on a 11 ans, on bat la forêt pour retrouver Totoche et apprendre à relever les collets, l’amour de la forêt, celui des animaux, et la véritable camaraderie.

Il est bien courageux Paul, d’affronter tous ces dangers qu’il ne connaît pas, parce que même si on est en 1920, la banlieue parisienne ne regorge ni de canards, ni de sangliers et encore moins de cerfs.

Tout est découverte et émerveillement pour lui. Certainement l’été le plus beau de sa vie.

Totoche, lui, est un vieil homme un peu sauvage, bien qu’il ait été marié et ait eu des enfants, il a préféré la vie solitaire, même s’il a cœur énorme et qu’il a très vite pris Paul sous son aile.

Paul ne dit rien ou presque, mais il remarque beaucoup de choses autour de lui. Tiens, par exemple, Borel hait Totoche, il faut dire qu’il est garde-chasse, alors forcément les braco, il ne les porte pas dans son cœur, mais quand même, Totoche particulièrement. D’ailleurs certaines nuits il part même à sa recherche, les nuits où Célestine met un chiffon à sécher à la fenêtre.

Et puis, il y a le manoir, avec le vieux conte qui n’aime pas les enfants, et le jeune conte qui vit à Paris et qui débarque avec ses amis sans crier gare, donnant à Célestine et à la cuisinière un surplus de travail.

Paul pose beaucoup de questions, beaucoup trop, et il sent bien qu’on lui cache des "choses", alors, un jour il posera des questions à Célestine.

J’ai adoré cette histoire de début du siècle, entourée de secrets de famille, de non-dits. Même si le lecteur connaît son histoire, Paul, lui, devine des choses et cherche à savoir.

Les enseignements de Totoche sont un régal, on a l’impression de savoir poser un piège, débusquer un lapin, appâter un saumon. Les coins à champignon n’ont plus de secret pour nous, on reconnaît les traces laissées par les animaux, on est les maîtres de la forêt.

On aurait même vu un cerf majestueux, un dix-huit cors, non ça c’est impossible, c’est une légende !

La cloche sonne, c’est la rentrée des classes. L’automne s’installe, vous sentez l’odeur de la mousse dans les sous-bois ?