Nina Volkovitch 1

Sortie VF le 3 janvier 2018

Présentation de l’éditeur : chez Le Livre de Poche Jeunesse

Envoyée à l’orphelinat de Karakievo parce que ses parents sont considérés comme des « ennemis du peuple », Nina Volkovitch a fait le serment de s’enfuir et de retrouver sa mère, emprisonnée dans un goulag de Sibérie. Mais comment s’enfuir d’un tel lieu quand on a quinze ans, et qu’on en paraît douze ? Ce qu’elle ne sait pas, c’est que sa mère a pris soin de dissimuler de précieux indices pour l’aider à s’échapper, mais aussi pour lui révéler les dons particuliers qu’elle possède sans le savoir. Car Nina est la descendante des Volkovitch, une illustre famille qui détient des pouvoirs aussi prodigieux que terrifiants. Et c’est elle, Nina, qui représente le dernier espoir face à un ennemi plus puissant que la dictature soviétique…

L'avis de Linagalatée :

En 1941 les bombes pleuvent sur Moscou. Nina a 7 ans. Elle se cache avec sa mère, conservatrice du Musée d’Art Moderne de Moscou. Son père a disparu, il se serait enfui pour la France, étant opposant au régime.

En 1948, la guerre est finie, Nina a maintenant 15 ans mais en paraît 11 ou 12. Le choc de la guerre, la malnutrition, ont stoppé sa croissance, ont figé son corps dans le temps.

Sa mère n’a jamais été non plus une grande fervente du régime, elle se sait surveillée, et quand la police soviétique vient l’arrêter ce matin là, elle ne peut confier sa fille qu’à ses fidèles voisins, en attendant son départ pour l’orphelinat d’état, où elle apprendra à devenir une bonne citoyenne du peuple, pendant qu’elle sera déportée vers la Sibérie.

Nina part avec un petit balluchon d’affaires personnelles : sa poupée, quelques cartes postales, un morceau de pain noir, mais elle sait au fond d’elle même qu’elle reverra sa mère, elle le sent au plus profond d’elle, comme une force animée, qui ne lui appartiendrait pas.

A l’orphelinat, elle apprend en bonne petite fille du peuple, mais secrètement elle ne plie pas, elle s’enfuira et ira délivrer sa mère.

Je ne suis pas du tout fan de romans d’histoire, peut-être encore moins traitant de la Russie, mais ce roman jeunesse m’a fait de l’œil par sa couverture sur laquelle la jeune fille dessinée a de faux-airs de Nathalie Portman dans Léon de Luc Besson.

Et j’ai bien fait, je l’ai lu d’une traite. L’histoire de la Russie y est brièvement racontée, mais traitée pour les adolescents, elle m’a paru très abordable et beaucoup moins austère que je ne l’imaginais.

On ne comprend pas bien ce qui arrive à Nina, elle même ne le comprend pas non plus. On vit avec elle les bouleversements et traumatismes de sa vie. On se dit que les explications viendront, plus tard.

Elle est téméraire et armée d’un grand courage, car même si elle a déjà 15 ans, sa morphologie est à double tranchant. Si dans un premier temps on ne la prend pas au sérieux, elle peut aussi se faire passer pour un jeune garçon, ce qui lui permet de se fondre dans la masse. Dans cet après-guerre, nombreux sont les petits orphelins à traîner dans les rues de Moscou, à mendier, à chaparder.

Nina se sait étroitement surveillée, elle le sent, et petit à petit va découvrir de minuscules indices qui vont lui donner les directions dans lesquelles avancer.

Ce premier tome d’une trilogie était déjà paru en 2015 et est réédité chez Le Livre de Poche Jeunesse en ce début d’année.

Il est facile à lire, palpitant, vous tient en haleine. On sent une pointe de « merveilleux » se profiler à l’horizon, mais il faudra attendre le second tome pour en apprendre davantage.  Il faut savoir se montrer patient pour accéder aux secrets de Nina.

Excellente lecture qui saura émerveiller petits et grands, et vous donnera peut-être envie d’en savoir un peu plus sur l’histoire soviétique. J’ai beaucoup, beaucoup aimé.