Lise et les hirondelles

Sortie VF le 1er février 2018

A partir de 12 ans

Présentation de l’éditeur : chez Nathan

À treize ans, Lise a une passion pour les hirondelles. Mais lorsqu'elle les voit revenir à Paris en cet été 1942, les oiseaux ne parviennent pas à lui faire oublier les effets de l'Occupation : le rationnement, les sirènes, la fermeture de l'atelier de confection familial, l'attitude de ses amis depuis qu'elle porte une étoile jaune sur ses vêtements. 

Le 16 juillet, Lise assiste à l'arrestation de toute sa famille. Elle se précipite au commissariat où on les a emmenés et parvient à sauver ses deux petits frères de la rafle du Vel' d'Hiv'. Mais elle n'a plus aucune nouvelle de leurs parents. Commence alors pour eux le long parcours des enfants cachés, parsemé d'angoisse et de dangers, de moments de doute et d'espoir.

L'avis de Linagalatée :

Lise n’a que treize ans, mais elle doit déjà assumer tout un tas de choses, qui ne sont pas de son âge. Ses petits frères d’abord, Ariel et Zacharie, les jumeaux. Et l’arrestation de ses parents. Nous sommes en juillet 1942, et la famille Bimbam, d’origine polonaise, est juive.

D’abord le port de l’étoile jaune sur les vêtements, ensuite la fermeture de l’atelier de couture familial, et pour finir l’arrestation des parents. Que Lise ait pu sortir ses frères du commissariat du 13ème arrondissement de Paris, tient du miracle, mais tenter de retrouver leurs parents au Vel’d’Hiv’ était mission impossible. Elle les a, sans le savoir, arrachés à une mort certaine.

Ils sont tous les 3, dans un premier temps recueillis par des voisins, qui finalement, les envoient dans leur famille maternelle, dans le Nord.

Pour ne pas attirer l’attention, les garçons seront renommés Alain et Saturnin, mais les soupçons s’installent quand même et les enfants reviennent à Paris.

C’est un roman bouleversant, comme toute histoire racontée par des enfants. Ce sont des pensées d’enfant, mais avec des peurs et des mots d’adultes.

Cette guerre a été atroce a bien des points de vue, mais tous ces enfants arrachés à leurs parents, pour leur survie, ballottés, cachés, effrayés, attendant le retour de leurs parents, ça n’a pas de mots.

Lise, même si elle est relativement jeune, est particulièrement courageuse. Elle est allée récupérer ses petits frères, et est allée tous les jours au Vel’ d’Hiv’, pour tenter d’apercevoir leurs parents.

Elle a caché ses pleurs, ses peurs  et ses angoisses pour ne pas effrayer les petits, elle a joué le rôle de la maman en l’absence de la leur.

Elle voudrait être comme les hirondelles, qu’elle affectionne, partir vers l’Afrique quand vient Septembre. Elle espère le retour de leurs parents.

Oui, Lise est courageuse, et loin d’être idiote, elle est très consciente de ce qui se passe autour d’elle, écoute des bribes de conversations.

J’ai lu ce roman d’une seule traite, l’histoire m’a captivée, retournée, bouleversée. On ressent toute la peur de ces enfants qui ont vu partir leurs parents, qui ne disent rien, mais qui comprennent que peut-être, ils ne les reverront jamais. Leur terreur la nuit, quand sonnent les alertes et qu’il faut s’enfuir se mettre à l’abri ou quand quelqu’un frappe à la porte, d’une manière un peu forte. La peur d’être dénoncé par un voisin, la peur tous les jours, toutes les nuits, tout le temps.

Ce livre est conseillé à partir de douze ans. Je pense qu’il peut être utile, soit de le lire avec eux pour répondre à leurs questions, soit de s’assurer qu’ils sont bien au courant de cette partie de l’histoire. En tout cas, c’est une lecture qui ne laisse pas indemne, et qui peut donner lieu à beaucoup de questionnements.