the hate u give - thug

Sortie VF le 5 Avril 2018

Présentation de l’éditeur : chez Nathan, collection Grand Format

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

L'avis de Linagalatée :

Starr vit dans une sorte de ghetto dans lequel son père tient une épicerie, tandis que sa mère est infirmière à l’hôpital. Elle a 16 ans et est scolarisée dans une banlieue chic, dans un lycée où les noirs sont en grande minorité. D’ailleurs tous s’attendent qu’ils sortent ensemble, mais non Starr sort avec Chris, un blanc, depuis un an, et sont très amoureux. Mais pour Starr, pas question que cela se sache dans son quartier, on ne sort pas avec un blanc !

Starr mène deux vies : une jeune fille bien sous tous rapports, parlant un langage châtié, et une jeune black de ghetto, parlant ce langage qui leur est propre (et déjà à entendre ça vous crève un tympan, mais alors à lire, ça vous crève un œil !).

Un soir qu’elle est à une soirée dans le ghetto, une fusillade éclate. Elle parvient à se sauver avec son meilleur ami Kahlil. Il la ramène chez elle, et se font contrôler sur la route, par un policier nerveux de la gâchette, qui le tue de trois balles dans le dos, avant de menacer Starr qui n’a pourtant pas bougé de sa place. Kahlil n’avait pas tenté de fuir, il s’était juste penché à la portière, pour demander à Starr comment elle allait.

C’est le deuxième ami que Starr perd dans des conditions similaires à six ans d’écart. Elle n’a rien pu faire pour Natasha, elle fera la lumière pour Kahlil, même si elle doit le payer de sa vie.

Starr est le stéréotype même de la jeune fille noire américaine, à cheval sur deux mondes totalement différents.

Celui dans lequel elle vit, et est heureuse parmi ses frères et ses amis, malgré la violence, les coups de feu, les gangs, la drogue.

Et celui dans lequel elle étudie, plus huppé, plus sécurisé aussi, et dans lequel, même si elle se sent différente, et n’est pas rejetée.

Starr est généreuse, ouverte d’esprit, avec une soif de justice héritée de ses parents. Son demi-frère Seven, a une vie plus dure, ils partagent le même père, mais sa mère se drogue et vit avec un chef de gang, violent et sans aucun scrupule, et pour ses doses, elle serait prête à faire n’importe quoi, même exposer ses enfants à la violence de King.

Chris vit, lui, du bon côté de la barrière. Il est fou amoureux de Starr et serait prêt à n’importe quoi pour elle, même à être noir s’il le pouvait. Leur petit couple est adorable et plein de tendresse.

Avec le décès de Kahlil, les dés vont être lancés, et il va falloir choisir son camp, sous peine de représailles, des menaces de mort à peine voilées.

Starr va devoir faire un choix cruel, laver l’honneur de son ami, abattu, ou préserver la vie de sa famille.

L’histoire est superbe, on demande à cette jeune fille à peine sortie de l’adolescence de faire des choix, que même un adulte ne ferait peut être pas.

En revanche, je dois reconnaître que même si j’ai lu ce roman d’une seule traite, j’ai quand même été dérangée par certaines situations que j’ai trouvées très clichés même si on sait, on le voit tous les jours aux informations, que le fond est très réel. Les gangs armés, les guerres de territoire, la suppression d’éventuels témoins, c’est une réalité.

Mais j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, et je vous la conseille fortement, adolescents ou adultes.

On sait aujourd’hui, qu’un film a été tiré de cette histoire, où l’auteure fait même une petite apparition. J’ai hâte de voir le résultat, je l’aimerais beaucoup plus réaliste que le roman, parce que dans la guerre des gangs, je ne suis pas certaine que tout se termine bien. Après, tout dépend de la cible de spectateurs visée.