Sequoias

Sortie VF le 5 Avril 2018

Présentation de l’éditeur :Editions du Seuil – Collection Roman FR.HC

Milieu du XIXe siècle. Les frères Fleming, trois chasseurs de baleines, natifs de l'île de Nantucket, répondent à l'appel de l'or venu de la lointaine Californie, à l'autre bout des États-Unis d'Amérique.

À bord du Freedom, le navire dont ils ont hérité à la mort de leur père, Mercator, Nicholas et Michael forment leur équipage et mettent les voiles. Au terme d'une odyssée de six mois, de New York à Valparaíso, en passant par le cap Horn, les voici en vue de la terre promise. Mais le petit village assoupi dans la baie de San Francisco est devenu une cité grouillante où quelques chanceux descendus de la Sierra les poches pleines de pépites jouent leur fortune dans les tripots, tandis que d'autres se préparent à tenter l'aventure sur leurs traces. C'est le choix que fera Michael, le cadet. Mercator, lui, comprend rapidement que, loin de se tapir seulement dans les montagnes, la fortune est en réalité sous ses pieds, quitte à abattre la forêt de séquoias géants marquant l'entrée de la Porte d'Or.

Dans ce monde nouveau au cœur du Nouveau Monde, voici le roman d'une fratrie de baleiniers héroïques devenus chercheurs d'or, prêts à tout pour assouvir leur soif de conquête et de fortune, jusqu'à une ultime aventure, en mer de Béring.

L'avis de Linagalatée :

Le père Flemming est un chasseur de baleines réputé, il a fait former son fils Mercator, l’ainé, par un autre baleiner, où il connaître la peur, l’agression. Mais Mercator n’est pas du genre à se plaindre, et d’ailleurs il parle très peu, uniquement pour dire l’essentiel.

Nicholas, le second fils Flemming, a lui aussi connu la chasse à la baleine, mais finalement assez peu, quand survient la mort de leur père.

Les trois fils héritent des 60 % du Freedom, les 40 %, leur père n’a pas eu le temps de les rembourser à ses prêteurs.

Donc quand Mercator et ses frères partent à l’aventure vers la terre promise de San Francisco, c’est en grand secret. Ils ont volé 40 % d’un bateau.

L’or les a attirés comme des milliers d’autres pauvres bougres sans le sou, qui triment du matin au soir sous un soleil de plomb et les pieds dans l’eau froide et salée pour ne trouver que quelques poussières d’or.

Certes, certains sont tombés sur des gros filons, mais tous n’ont pas eu cette chance, et c’est un véritable travail d’esclave pour un salaire de misère.

Les frères Flemming n’arrivent qu’à deux au port de San Francisco, Nicolas n’est plus, et un fossé de plus en plus grand s’est creusé entre Mercator et Michael, si bien que leur route se sépare.

Michael tente sa chance avec l’or, tandis que Mercator préfère s’attaquer au bois, tout est à construire dans cette ville en croissance vertigineuse.

C’est un magnifique roman scindé en deux périodes bien distinctes, l’avant et l’après San Francisco.

L’avant est dans la narration de la chasse aux baleines, le stockage de la graisse dans des tonneaux. L’auteur a su tellement bien nous raconter ces chasses qu’on peut les voir se dérouler sous nos yeux. Des hommes minuscules dans des petites baleinières, harpon à la main, le bras prêt à la détente. Ces énormes cétacés qui tentent de leur échapper en donnant des coups de queue à ces frêles embarcations, les hommes qui tombent parfois à la mer, et qui ne peuvent pas toujours être secourus. Il y a du Mobby Dick là-dedans.

L’après, c’est l’arrivée à San Francisco où tellement de bateaux sont accostés à un unique ponton, que les premiers arrivés sont déjà presque démantelés et gisent dans la boue. Ce bout du monde d’où il paraît impossible de repartir.

Mercator a visé juste en choisissant le bois, tout est à construire, des pontons supplémentaires, des habitations en bois, des bars. C’est un homme rude, dur à la peine, qui mène ses hommes comme s’ils étaient ses marins, trouvant toujours un arrangement, et évitant les conflits. Mais il n’est pas couard pour autant, il ne faut pas trop le chercher non plus, on le trouve s’il le faut !

Michael, était comptable dans une entreprise dans le port de Nantucket, le peu de profit qu’il tire de sa recherche d’or, n’est pas à la hauteur du travail qu’il fourni.

Mais San Francisco, ce ne sont pas que des chercheurs d’or, ce sont aussi des escrocs de toutes espèces, des ethnies différentes, se regroupant bien souvent entre eux. Des petits bouts de mondes différents dans une même ville.

Une épopée que l’histoire de ces trois frères baleiniers, partis chercher l’aventure au bout du monde, un roman magnifique relatant une histoire d’hommes.

Ne passez pas à côté c’est un petit bijou, on y parle également du début de la chasse aux indiens pour leur voler leur terres, enfin de tout ce qui a fait l’histoire des Etats-Unis, et dont je pourrais vous perler des heures entières.