Toutes blessent la dernière tue

Sortie VF le 29 mars 2018.

Présentation de l’éditeur : chez Belfond

Maman disait de moi que j'étais un ange. Un ange tombé du ciel. Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...

Je connais l'enfer dans ses moindres recoins. Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures. Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler... Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin... Frapper, toujours plus fort. Les détruire, les uns après les autres. Les tuer tous, jusqu'au dernier. Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite ! Parce que bientôt, tu seras morte.

L'avis de Linagalatée :

Pauvre Tama, vendue par son père à l’une de ses tantes, pour soit disant pouvoir aller à l’école, en échange de quelques petits travaux quotidiens. Son avenir sera l’esclavage, a à peine 6 ans. Elle sera louée par cette tante pour faire le ménage chez de riches voisins, et s’occuper de leurs enfants. Cela ne choque personne, saut la vieille Marguerite, qui va lui faire connaître les gâteaux, les sucreries. Le jour de Marguerite devient le jour préféré de Tama, elle ne lui donne quasiment rien à faire et la laisse manger à table avec elle. Tama, qui dans le meilleur des cas, n’a que des restes, ne peut se laver et dort sur une paillasse.

Mais les jours sans Marguerite sont terribles, brûlée, frappée, privée de nourriture et de sommeil, elle enchaîne les heures de ménage, repassage et d’humiliations, cruelles autant qu’injustifiées.

Les années passent, et Tama continue de mener sa vie de misère, elle a eu les doigts des mains cassés, les paumes des mains brûlées, et tout ça s’est consolidé sans aucun soin.

Et pourtant Tama, continue d’espérer et de croire qu’un jour sa vie sera meilleure. Elle voit un avenir rose dans une histoire d’amour imaginaire avec son cousin, qui, quand il vient chez sa mère, prend plus ou moins sa défense.

C’est sûr un jour il l’emmènera chez lui, et elle sera enfin heureuse, mais elle est encore bien jeune, et le temps passe.

Gabriel vit comme un sauvageon dans une vieille cabane, jusqu’au jour où une toute jeune fille le menace d’une arme avant de s’effondrer de fatigue. Gabriel, sait qu’il doit la tuer, parce que c’est ce qu’il est censé faire, il tue les gens, ceux de la liste et ceux qui pourraient le reconnaître.

Mais rien ne presse, de toute façon, elle est amnésique, et menottée au lit, elle ne pourrait pas aller bien loin. Il va décider de soigner sa blessure au ventre, mais le nombre de cicatrices qu’il découvre sur ce petit corps meurtri force le respect !

La première réflexion que je me fais, est qu’on ne sort pas indemne de cette lecture. Tant de cruauté n’est pas à mettre entre toutes les mains, âmes sensibles, et les personnes qui ne supportent pas la torture sur les enfants, passez votre chemin, ce livre n’est pas fait pour vous.

On a beau se dire que cette histoire sort tout droit de l’imagination (perverse je l’avoue) de l’auteure, on peut tout à fait imaginer, malheureusement, qu’il existe quantités de Tama à travers le monde.

Les personnages sont empreints d’une telle force, en bien comme en mal d’ailleurs, qu’on est vite plongés dans quelque chose, qu’on ne maîtrise plus. Nos yeux lisent ce que notre cerveau refuse d’admettre et de comprendre.

La méchanceté gratuite et sans fondement est le pilier de cette histoire, l’humiliation sans limite, en est la base.

On se dit que ça va forcément s’arrêter, et on aimerait que ce soit autrement que par la mort. La naïveté des enfants qui sont enrôlés de force, dans cette spirale infernale, n’est possible que par leur défaut de culture, l’isolement et la peur, sont les deux pinces des tenailles qui les maintiennent en servitude.

Une lecture terrible, qui reste encore longtemps dans nos mémoires, une fois le livre terminé.