alita

Sortie en salles le 13 février 2019

Film d'animation avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connely, Keean Johnson, Mahershala Ali...

Synopsis : 

Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé - elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer.

L'avis de Block :

Prenez l'un des meilleurs manga cyberpunk des années 90 - Gunnm. Mettez-le dans les mains de producteur de James Cameron, l'homme aux paris fous et souvent réussis. Confiez la réalisation à Robert Rodriguez, dont la filmographie va du bon (From Dusk Till Dawn, Sin City) au médiocre (Machete Kills) mais reste toujours audacieuse. Engagez Weta Digital pour les effets spéciaux - l'un des meilleurs studios de post-prod - et Junkie XL pour la musique (Mad Max Fury Road, Deadpool). Posez 200 millions de dollars sur la table. Et vous obtenez... un résultat décevant.

Pourtant, dès les premières scènes, la magie opère : Alita est saisissante sous les traits de Rosa Salazar en motion capture. Le travail de Weta est spectaculaire. Vient ensuite la découverte de l'impressionnante ville d'Iron City, qui fourmille de mille détails et qui prend vie sous nos yeux. On perçoit alors toute la passion et les heures consacrées à ce projet. Malheureusement, passé le premier choc visuel, l'enthousiasme s'étiole progressivement, sans jamais rebondir. La faute à une écriture pauvre et truffée de clichés, à un récit bancal qui procède davantage d'un assemblage de scènes emblématiques du manga que d'une réelle intention de raconter une histoire, et à des seconds rôles insipides (Jennifer Connelly, Keean Johnson, Mahershala Ali).

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La faute aussi à une volonté évidente de séduire le plus grand nombre, au risque de ne toucher personne. Malgré sa modernité visuelle et ses prouesses techniques, Alita: Battle Angel ne propose au fond que du vieux, du ronronnant. La folie et l'humour de la "patte" Rodriguez sont quasi-absents (on sent qu'il a surtout servi de porte caméra pour le véritable chef d'orchestre, James Cameron), l'ultra-violence du manga est aseptisée pour le jeune public, l'émotion est rare, et l'univers cyberpunk de la source a perdu ses aspects détraqués et perturbants.

Résultat : malgré la débauche d'action, le rythme effréné, l'incroyable personnage d'Alita et l'attention extrême donnée aux détails, un sentiment d'ennui et d'engourdissement nous gagne rapidement et nous accompagne jusqu'à un dénouement dépourvu d'enjeu et de tension dramatique.

Alita : Battle Angel trouvera peut-être son public, porté par sa seule réussite visuelle, mais il aurait pu proposer bien davantage.

Bande annonce officielle