[Avis Film] Madre de Rodrigo Sorogoyen
Sortie en salles le 22 juillet 2020
Film espagnol dramatique avec Marta Nieto, Anne Gosigny, Alex Brendemühl, Jules Porier, Frédéric Pierrot et Raúl Prieto
Synopsis :
Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…
L'avis de Swan
Après les brillants "Que Dios no perdonne" et "El Reino", Rodrigo Sorogoyen nous revient avec "Madre", œuvre magistrale qui confirme le talent du jeune réalisateur. Drame psychologique, thriller et histoire d’amour impossible
Pour ceux qui connaitraient un peu le réalisateur, "Madre" est avant tout un court métrage datant de 2017, qui nous fait vivre l’enlèvement d’un enfant via une conversation téléphonique avec sa mère. Dans son appartement de Madrid, elle se retrouve totalement impuissante vu la distance qui la sépare de l’enfant : le petit garçon se trouve seul sur une plage de France alors que son père est censé être avec lui.
L’échange téléphonique entre Elena (Marta Nieto) et son petit garçon est d’une puissance digne des plus grands thrillers. Une scène de 16 minutes, tournée en plan séquence pour plonger un peu plus le spectateur au cœur de ce drame. une Grand moment de cinéma
Le long métrage débute par cette même scène où vous ne pourrez en ressortir que K.O. Puis, comme pour faire redescendre la pression, le réalisateur nous envoie un long plan large de bord de mer, qui nous qui nous informe que 10 ans se sont écoulés.
Elena a décidé de tout plaquer et travaille maintenant comme barmaid dans un petit restaurat au bord d’une immense plage des Landes, la même, où a disparu son petit garçon. Elle passe vis-à-vis des autres pour la folle du coin, remontant sans cesse la plage à ses heures perdues, imaginant surement qu’elle pourrait trouver un indice ou revoir son fils.
Un jour, alors même qu’elle remonte la plage, elle croise Jean (Jules Porier), jeune ado qui passe ses vacances avec ses parents. Cette rencontre va la bouleverser et va lui redonner goût à la vie, mais son obsession pour le jeune homme va la mener également à perdre la raison, partagée entre le sentiment maternel et le sentiment amoureux.
Avec Madre, Rodrigo Sorogoyen nous livre une œuvre intimiste sur le désespoir d’une mère qui va retrouver le goût de la vie au travers des yeux d’un ado.
Ce qui rend le film aussi fort est la performance des deux acteurs Marta Nieto en mère perdue mais je m’arrêterai sur celle de Jules Porier qui est plus vrai que nature, jamais de surenchère, il porte son âge dans ses répliques, mais surtout dans son comportement face à l’attitude de Marta.
Filmé en grande partie en plan large vu la splendeur des paysages, Rodrigo Sorogoyen conserve cette façon de filmer ,même dans les scènes intérieures afin de vous faire vivre au coeur des personnages.
Madre vous rappellera peut être « Un été 42 », « Mourir d’aimer » ou « Un moment d’égarement », mais Madre va encore plus loin, palpitant et émouvant, une totale réussite et déjà un des grands films de cette année.
Bande annonce
Nous avons pu assister à l'avant première du film en compagnie du réalisateur Rodrigo Sorogoyen, qui a très aimablement accepté de répondre à nos questions.
Merci Léa et l'agence Cartel !





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