la réfugiée du domaine

Sortie VF le 1er mars 2017

Présentation de l’éditeur : chez Calmann-Lévy

Dans les années 30, Irène, une orpheline de dix-neuf ans, est placée comme vachère chez des fermiers du haut plateau du Chambon. Sa rude vie de paysanne est adoucie par la bienveillance d’une inconnue. Cette bienfaitrice, qui vit à l’écart du village, a purgé une lourde peine de prison. Pourquoi s’intéresse-t-elle à elle ?

Irène apprend qu’avant d’être abandonnée, elle a vécu dans la région. Était-elle la fille d’une réfugiée étrangère, comme l’indique son dossier à l’orphelinat ? Que lui cache le pasteur de la maison d’accueil où elle avait été placée ?

Pour percer le mystère de ses origines et conquérir le droit à l’amour et au bonheur, Irène devra regarder en face la plus terrible des vérités…

L'avis de Linagalatée :

Irène a été placée à l’âge de trois ans à l’orphelinat des Sœurs de la Charité, au Puy-en-Velay. Nous sommes en 1935, et loin des remous et des flons flons de la ville qu’elle ne connaît que très peu, Irène approche de ses 20 ans, et la mère supérieure a décidé de la placer chez les Dolmazon, comme vachère. D’ailleurs sans biens, elle ne peut espérer rien de mieux.

Cependant, juste avant de quitter le bureau, Irène aperçoit son dossier sur lequel est mentionnée une information sur ses origines et sa naissance. Une fois passé ce grand choc, elle va remuer ciel et terre afin de retrouver celle qui lui a donné la vie et l’a ensuite abandonnée.

En novembre 1920, Marie Gaucher est condamnée à quinze ans de prison pour avoir tué sa sœur Justine. Marie ne se souvient pas de son acte, et quand elle va sortir en 1935, elle erre dans sa vieille maison, paria indésirable aux yeux des habitants du Chambon. Jugée folle, personne ne lui adresse la parole et elle ne met plus les pieds au village. Elle vit telle une recluse, seul le pasteur lui rend encore visite de temps à autres.

Une sordide affaire de meurtre et une triste histoire d’abandon, tel est le lien qui unit Marie et Irène, deux destins brisés, qui vont devoir se reconstruire du mieux possible.

Ces deux personnages sont d’une force remarquable, brisés et cassés par la vie, ils n’auront de cesse d’avancer et de se battre pour connaître la vérité.

Marie, si fragile, si désorientée, malmenée par quinze années de prison. Son seul refuge était la lecture, mais ses yeux ont été durement éprouvés pendant son incarcération, elle n’y voit plus assez pour lire. Son personnage est un peu rustre, certes, mais qui ne le serait pas devenu, après toutes ces années de solitude, et la haine que lui vouent les habitants du Chambon.

Irène, s’habitue à la rudesse de la ferme. Elle vaque à tous les travaux qu’on lui donne, mais, elle n’oublie pas ce qu’elle s’est promis : retrouver sa véritable famille. De temps en temps, elle demande un peu de temps à Dolmazon, et tente de poser des questions aux anciens du village, mais on dirait qu’ils cachent un secret, et lui donnent des réponses évasives.

Son grand plaisir, est d’aller garder les vaches. Pendant ce temps, elle peut lire. Bien sûr, elle relit toujours les mêmes livres, elle n’en a pas d’autres. Mais un jour elle en découvre dans un panier. Qui peut lui avoir fait ce cadeau ? La vieille sorcière ? Elle les lit et quelques jours plus tard les remet dans le panier, là où elle l’avait trouvé. Le lendemain les livres ont été remplacés par de nouveaux. Irène sait que Marie la surveille, elle lui parle, mais la vieille se cache.

C’est l’histoire de ces deux destins hors normes que Florence Roche nous raconte, avec beaucoup de tendresse et de pudeur, dans une campagne du début du siècle, où les secrets de famille ne sont pas dévoilés facilement. Bien sûr, les gens savent des choses, mais bien malin celui ou celle qui parviendra à leur faire dire.

Dans la chaleur du coin du feu, les secrets sont transmis, mais jamais dévoilés au grand jour.

Une magnifique histoire humaine, dure comme la vie paysanne, tendre comme la mie de pain, et chaude comme le lait qui sort du pis de la vache.