le zoo

Sortie VF le 21 septembre 2017

Présentation de l'éditeur : collection La Bête noire chez Robert Laffont  

Quand le monde est une jungle, les mères deviennent lionnes. 
Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de quatre ans, Lincoln, sont dans leur coin préféré, à l'écart du chemin principal. Ils profitent des dernières minutes. Mais quand ils se dirigent vers la sortie, ce qu'ils découvrent transforme cette journée de rêve en cauchemar : des corps étalés sur l'herbe, des hommes armés de fusils. Sans réfléchir, Joan prend son enfant dans ses bras et court, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à ce que ses muscles la brûlent.
Pendant trois heures, la mère et son fils vont se retrouver piégés avec les animaux et les tueurs. Pour sauver Lincoln, Joan est prête à tout... même au pire.

L'avis de Linagalatée :

Quand Joan va chercher Lincoln à la garderie, elle aime finir la journée sur un moment rien qu’à eux. Cela peut être la bibliothèque, le parc ou le musée. Aujourd’hui c’est le zoo, pas vraiment pour voir les animaux, mais pour jouer, inventer des histoires. Lincoln, bien qu’il n’ait que quatre ans, a une imagination débordante, et vingt milliards de questions sur tout. Il parle tout le temps… Pendant ce temps Joan s’accorde du temps pour rêvasser.

Bientôt l’heure de fermeture, et ils vont encore être en retard, Lincoln traine pour ranger ses jouets, et ils ont un petit bout de chemin à faire pour regagner la sortie.

Joan entend des bruits de pétard, surprenant à cette heure-ci, et encore d’autres bruits ininterrompus. Non, ce ne sont pas des pétards, c’est impossible.

Il n’y a personne dans les allées, soit ils sont très en retard, soit il se passe quelque chose. Elle presse le pas, trainant par la main, Lincoln, qui traîne les pieds. Elle aperçoit une mamie avec ses deux petites-filles, l’air un peu déboussolée. Elle voit des épouvantails d’Halloween au sol, elle aperçoit un homme, un fusil à la main. Ce ne sont pas des épouvantails, ce sont des corps. Un fou est entré dans le zoo et tire sur tout ce qui bouge.

Elle prend Lincoln dans les bras et repart en courant pour tenter de trouver une cachette, pour les mettre en sécurité, mais Lincoln a senti qu’il se passait quelque chose, et les questions commencent à pleuvoir.

Par SMS, son mari l’informe qu’il y a eu une prise d’otages dans le zoo, ce qui explique que la police ne peut pas intervenir tout de suite, qu’il arrive dès qu’il peut accéder à la zone. Elle est cachée dans l’ancien enclos du porc-épic qui n’a jamais été remplacé, mais maintenant il faut expliquer à Lincoln qu’il doit se taire ou alors parler tout doucement.

Mais à peine a t’il murmuré « oui maman » qu’une nouvelle question se précipite à ses lèvres et qu’il a oublié qu’il ne faut pas faire de bruit.

Mais déjà de nouveaux coups de feu retentissent dans les allées du zoo. Ils débusquent les promeneurs retardataires, et font parler la poudre. Surtout, ne pas faire de bruit, ne pas respirer, ne pas parler. Lincoln, tais-toi, Lincoln parle moins fort, Lincoln chuuuuuut !

A partir du moment où les premiers coups de feu résonnent, la tension va crescendo. Le lecteur est dans la même configuration que Joan, on n’a aucune information venant de l’extérieur, on ne sait pas où en sont les négociations, ni même s’il y en a, on ne sait rien, on entend comme Joan, les coups de feu sporadiques, et on ne sait même pas sur qui ou quoi ils tirent.

Parfois tout près, des voix, qui semblent être celles des tireurs, mais elles paraissent tellement jeunes… Continuer à ne pas faire de bruit.

On imagine sans peine l’état de panique qui doit être celui de Joan. La peur a l’état brut, et la nuit commence à tomber.

L’auteure a parfaitement su nous transmettre cette peur panique, on lit complètement tendus, on tourne les pages vite, vite. Mais surtout, on ne peut pas poser le livre, notre vie s’est soudain trouvée suspendue  au fil de cette écriture. Et pourtant, il ne se passe pas grand chose pendant plus de la moitié du roman, rien que cette attente interminable et cette peur, mais à aucun moment vous ne trouverez le temps long, à aucun moment vous ne penserez « bon, il va se passer quelque chose ? », parce que le fait que l’on ne sache pas ce qu’il se passe, met une pression terrible sur vos épaules.

Il était déjà tard dans la soirée, quand j’ai entamé ma lecture, juste pour voir…

J’ai vu ! Bon encore un chapitre, on sait très bien que l’on a dépassé le chapitre et que l’on en a même attaqué un autre, mais qu’importe, il faut que l’on sache. Vous n’avez pas vu le temps passer, ou pas voulu le voir, que vous avez déjà lu le tiers du roman…

On ne peut qu’admirer la patience, l’ingéniosité de Joan pour occuper son fils, pour le mettre à l’abri des regards. Son sang-froid également, sa détermination, son obstination à vouloir le sauver de cette situation. Mais Lincoln commence à avoir faim…