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Les chroniques d'Evenusia
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bd
15 septembre 2015

HARRY POTTER à l'école des sorciers version illustrée par Jim Kay

Harry Potter illustré

Les éditions Gallimard vont publier, le 22 octobre 2015, une version illustrée de Harry Potter à l'école des sorciers. 

Une nouvelle fois les fans vont pouvoir prolonger de façon différente l'engouement pour la Saga de JK. Rowling

Les illustrations de Jim Kay dégagent une très belle ambiance, reforcée par des couleurs douces qui donnent un résultat superbe. Je vous laisse avec un aperçu de plusieurs planches. 

Le résultat est magique ! 

HP 1

HP 2

HP 5

HP6

HP7

 

HP3

HP4

           Commande VF         Commande VO (anglais)

      

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18 juin 2013

The Cape de Joe Hill, Jason Ciaramella et Zach Howard

the cape

Sortie 21 juin 2013

D'après une nouvelle de Joe Hill, dessins de Zach Howard

Résumé de l'éditeur : chez Milady

Résumé : Qui n’a pas rêvé de s’élancer dans les airs ?
De détenir d’extraordinaires pouvoirs ?
Mais qu’arriverait-il si ce rêve se réalisait ?

Eric est un homme brisé. Depuis l’accident tragique qui a bouleversé sa vie, à huit ans, et lui a arraché ses rêves de grandeur, rien n’a plus de sens. Si seulement il remettait la main sur la cape de son enfance, l’impossible serait à portée de main. Il pourrait s’envoler vers le ciel… et assouvir enfin ses désirs de vengeance.

L'avis de Block :

Eric est un garçon peu sûr de lui, aboulique et tourmenté. Elevé par une mère vivant dans le déni de la mort de son mari, il grandit à l'ombre de la réussite de son frère, Nicky. Seule sa cape fétiche lui apporte la confiance nécessaire pour affronter la vie. Lorsque celle-ci lui est confisquée à la suite d'un grave accident, Eric s'effondre. Lorsqu'il la retrouve, dix ans plus tard, sa cape lui apporte bien davantage que du réconfort : elle lui permet de s'élever dans les airs.

the cape 1

The Cape, contrairement à ce qu'annonce le quatrième de couverture, n'offre pas vraiment une réflexion sur le mythe du super-héros. Ce récit fantastique, sombre et un brin nihiliste, offre en revanche bien d'autres réflexions. Car en s'envolant, Eric ne fait en réalité que chuter, et entraîne tous ses proches, impuissants, avec lui. Si son premier acte de violence surprend, l'auteur saupoudre le récit de flashbacks, comme autant d'indices invitant le lecteur à s'interroger sur les raisons qui conduisent Eric à agir de la sorte : paranoïa destructrice, jalousie maladive, angoisse de la séparation, psychopathie, influence maléfique de la cape ? Les auteurs évitent habilement de livrer des réponses prêtes à consommer et offrent ainsi une belle épaisseur à leur anti-héros. Celui-ci apparaît, selon l'angle de vue sous lequel on le considère, antipathique, ambigu, voire même, parfois, touchant.

En finalement assez peu de pages (une bonne centaine), les auteurs parviennent à tisser une histoire solide et dense, à l'agrémenter de quelques reflexions sur les racines de la violence, et à proposer quelques séquences furieuses et inoubliables.

Le dessin de Zach Howard est moins classique qu'il n'en a l'air de prime abord : l'encrage assez épais et l'usage assez inattendu de la trame assombrissent l'impression générale et offrent ainsi une illustration collant parfaitement au récit.

Seule ombre au tableau, purement subjective : le choix d'un final spéctaculaire et prévisible, qui ôte un peu de sa complexité à l'histoire.

Pour le reste, The Cape est un excellent one-shot, puissant et maîtrisé.

 

Merci à Milady Graphics pour cette lecture en avant-première.

29 avril 2013

Do Androids Dream of Electric Sheep ? Tome 1 : Dust to Dust

do-androids-dream-of-electric-sheep-dust-to-dust-1

La prequel inédite de Do androids Dream of Electric Sheep !

Présentation de l’éditeur : chez Emmanuel Proust Editions

Rick Deckard n’existe pas encore… Quand l’ultime Guerre Mondiale se termine, les androïdes deviennent une menace pour l’espèce humaine. Il faut donc les éradiquer ! Qui va se charger du sale boulot ? Deux hommes sont désignés : Malcolm Reed, un "spécial", capable de ressentir les émotions des autres, et Charlie Victor, apparemment l’homme providentiel pour ce job…

Quels lourds secrets cachent ces implacables chasseurs ? Ce récit situé en amont de Do Androids Dream of Electric Sheep ? respecte l’oeuvre de Philip K. Dick tout en apportant des réponses à certaines questions soulevées dans le roman…

Avis de Block

Le problème, lorsque l’on adapte une oeuvre culte - ou qu’on en exploite l’univers - "c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin" comme disait Cocteau... Dust to Dust, le spin-off du roman de Philip K. Dick Do Androids dream of electric sheep ? offre une nouvelle illustration de cette difficulté.

En soi, l’histoire de Chris Roberson, qui se déroule avant les événements du roman de K. Dick, tient bien la route. L’alternance de trois narrateurs donne du relief au récit et l’enchaînement des différentes séquences est bien maîtrisé. L’auteur inscrit intelligemment son action dans le contexte post-apocalyptique du roman-source et y intègre les ingrédients fondamentaux : les androïdes, la quasi-extinction de toute vie animale, les "spéciaux", etc. L’hommage, à cet égard, est réussi.

Mais c’est aussi là que le bât blesse : Dust to Dust peine à s’affranchir du matériau d’origine. Plutôt que d’exploiter et d’explorer la richesse de l’univers de l’oeuvre de K. Dick, Roberson se contente timidement d’en reproduire la trame principale en racontant, à nouveau, une traque d’androids séditieux.

Il est dommage que l’auteur n’ait pas su (ou pas pu ?) dégager de nouveaux enjeux, de nouvelles idées et de nouvelles problématiques, pour proposer une histoire réellement originale et enrichir ainsi l’univers de base. Le quatrième de couverture indique que le comics a été "réalisé en collaboration avec la succession de Philip K. Dick" : peut-être cela explique-t-il la retenue de l’auteur de ce spin-off ?

Côté dessin, Robert Adler propose un travail efficace, au service du récit. Ses atmosphères sombres happent le regard et ses angles de vue confèrent aux actions une belle vivacité. En revanche, ses personnages, à quelques exceptions près, manquent de charisme, ce qui n’aide pas à susciter un intérêt pour leurs péripéties.

Dust to Dust est donc un bon comics en soi, mais compte tenu de son matériau de départ, il aurait pu proposer bien davantage. Il faudra toutefois attendre le second et dernier tome pour se forger un avis définitif... des surprises sont peut-être à venir !

25 avril 2013

Roman graphique New Moon - Tentation Vol. 1

NEW MOON Roman graphique

Sortie française le 29 mai 2013

Le 3e roman graphique issu de la saga Twilight, New Moon Tentation Volume 1 sera disponible en librairie dès le 29 mai prochain.
Ce dernier reprend la première partie du roman Tentation de Stephenie Meyer.

Synopsis : chez Pika Editions

Rejetée par celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Fascinée par un vampire, comment pourra-t-elle retrouver goût à la pâle existence humaine ? Bella n'a de goût pour rien, sinon le danger : alors, elle entend la voix d'Edward, et éprouve l'illusion de sa présence. Comme s'il ne l'avait pas abandonnée. Bella échappera-t-elle à cette obsession amoureuse qui la hante ?

 

16 avril 2013

Fa-Seiryü T. 1 : La Légende du Dragon-Planète de Rodolphe et Christophe Hoyas

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Tout à commencé en 2009, lors d'un salon de la BD à Auvers-sur-Oise où nous avons rencontré les frères Hoyas. Nous étions intrigués par leur styles vestimentaires gothiques et surtout leurs incroyables dessins. Ils étaient là afin de présenter leur futur projet. On a cherché à en savoir un peu plus en discutant avec eux. Ils se sont avéré aussi talentueux que sympathiques.

L'année suivante, le Dragon-Planète est né.

Cela nous a fait plaisir de les retrouver cette année, sur ce 10 ème salon de la BD d'Auvers-sur-Oise où leur stand a été pris d'assaut par les fans.

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L'avis de Vic : 

Fa-Sieryu, le dragon, est une planète qui se meurt peu à peu à cause d'un poison injecté par un autre dragon nommé le Triangle Noir. Les Dioscyls, habitants du Dragon-Planète, partent à la recherche d'un remède pour la guérison de leur planète et de leur survie. Car si l’œil se ferme, le dragon meurt.

Cette bande-dessinée, n'en ait pas vraiment une mais plutôt une galerie d'art. A chaque page nous découvrons un nouveau tableau tout en suivant l'histoire des Dioscyls et nous n'avons qu'une seule envie, tourner la page pour découvrir une nouvelle œuvre.

Le début est un peu déroutant car l'histoire démarre tout d'abord comme un conte d'enfants avec une illustration et un texte. Puis à peu les dessins se placent, les bullent arrivent. Les dessins sont de superbes peintures qui donnent une impression de réalité. Les couleurs sont vives et surprenantes, le côté naïf en contraste avec le côté gothique. Ces couleurs nous emmènent dans un voyage fantastique et nous transportent sur le Dragon-Planète où nous avons l'impression en avançant dans les pages d'y vivre.

Les frères Hoyas forment une équipe qui se complète tout en distinguant le travail de l'un comme de l'autre. Chez Rodolphe on trouve une dominante de sombres (le noir avec le rouge) et il se concentre plus sur les personnages, tandis que Christophe aime les choses minutieuses et hautes en couleurs. Parfois on voit l'association de leur travail sur une seule planche et là le résultat est encore plus magique !

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Si vous aimez les histoires fantastiques cette bande dessinée est faite pour vous ! Voyagez maintenant sur le Dragon-Planète, il vous attend pour un voyage dont vous vous souviendrez !

Lien de leur page Facebook : https://www.facebook.com/dragonplanete.lesfrereshoyas?fref=ts

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7 avril 2013

Saga - Tome 1 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

saga

 Sortie le 15 mars 2013

Scénario:  Brian K. Vaughan– Dessin: Fiona Staples

Résumé de l'éditeur : chez Urban Comics, collection Urban Indies :

Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d’une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d’éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d’espoir pour leurs peuples respectifs. L’espoir, une idée fragile qui devra s’extraire du chaos de Clivage pour grandir, s’épanouir et conquérir l’immensité du cosmos.

L'avis de Block

Deux planètes en conflit, la cavale de deux amants qui n'auraient jamais dû s'aimer, un bébé métisse objet de convoitises, des tueurs à la poursuite de cette famille incongrue... la trame de Saga pourrait paraître un peu sage, à l'image de sa couverture et de son titre. Mais ne vous y fiez surtout pas : la nouvelle série de Brian Vaughan - auteur prolifique, scénariste de quelques épisodes de la série Lost, mais surtout connu en France pour son très bon comics Y, Le dernier homme - est explosive.

Saga

Le talent de Vaughan réside d'abord dans sa capacité à nous immerger immédiatement dans un univers cohérent et pourtant totalement barré, mélange de space-opéra et d'héroïc-fantasy, truffé de surprises et de bonnes idées, où la technologie de pointe côtoie la magie et la sorcellerie. Saga est porté par un imaginaire débridé qui n'est pas sans rappeler la folie des meilleurs heures du maître Jodorowsky ! Mais ce space-opéra offre en outre un petit supplément d'âme grâce à une galerie de personnages travaillés et très attachants ainsi qu'à des dialogues ciselés et percutants.

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A ceci s'ajoute une mise en musique efficace de l'histoire, qui repose sur la recette d'une série télévisée : rebondissements et cliffhangers viennent rythmer ce récit enlevé auquel la canadienne Fiona Staples prête son excellent coup de crayon. Son trait est vif, les personnages sont expressifs et la palette de couleur est superbe. Pour pinailler, on pourra juste regretter le niveau de finition de l'encrage, qui aurait pu être plus poussé.

Dès son premier tome, Saga s'impose donc comme une série originale et intelligente. Si les tomes suivants maintiennent ce niveau de qualité, ce comics devrait ni plus ni moins se hisser rapidement au rang de nouveau classique du genre.

12 février 2013

The Iron King de Julie Kagawa en roman graphique et comic book

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Bluewater Productions spécialisé dans les comic et dans les graphic novels a annoncé aujourd'hui son partenariat avec Julie Kagawa pour sortir des comic-books et un roman graphique de sa génialissime et très populaire saga The Iron King, en français "Les Royaumes Invisibles" (voir récap de la saga).

source

23 janvier 2013

Le Héros Tome 1 de David Rubin

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Résumé de l'éditeur : chez Rackham

Avec Le héros, formidable opus qui comptera plus de 500 pages une fois achevé (le 2e volume est prévu pour le printemps 2013), Rubín s’affirme comme un des dessinateurs les plus talentueux de sa génération ; on pourra apprécier son trait particulièrement dynamique et sa maîtrise du récit tout au long d’un espace narratif d’une ampleur, il faut le souligner, tout-à-fait exceptionnelle.

L'avis de Block : 

Alcide, fils de Zeus et d’Alcmène, dit Héraclès ou Hercule, a le vent en poupe dans le 9e art ces derniers temps : après Edouard Cour et son "Heraklès" brutal et aride - presque western-spaghetti - paru chez Akileos, après le "Hercule" Space-opera-blockbuster de Morvan et Looki, paru chez Soleil, David Rubin propose aux éditions Rackham son interprétation de l'un des héros les plus mythiques de l'antiquité.

Et Rubin n'y va pas avec le dos de la cuillère : il ne dépoussière pas le mythe... il le décape au lance-flammes en propulsant un Hercule à la cool-attitude dans un univers sous amphétamines, totalement loufoque et gentiment trash (cf. l'inclination commune des personnages pour les pratiques sexuelles bdsm...).
La première planche, hommage touchant au grand Jack Kirby (l'un des pères fondateurs du comics moderne), donne le ton : le maître mot, c'est le mouvement ! Et l'artiste s'en donne à coeur joie dans les 279 pages qui suivent : les travaux d'Hercule se bousculent dans un tourbillon ultra rythmé d'actions, de couleurs acidulées et de références pop/geek.
Rubin livre un trait rafraîchissant d'une fluidité et d'un dynamise rares, mis en valeur par un cadrage audacieux, un "character design" étudié, une mise en couleur originale et une parfaite maîtrise des codes de la narration.
Le récit n'échappe pas à un certain systématisme inhérent au mythe - le héros est condamné à enchaîner les épreuves - mais il n'en devient pas pour autant linéaire. Rubin évite cet écueil à l'aide de quelques pauses de réflexions et quelques flash-back bien vus. Surtout, l'auteur fait mûrir son héros au fil des pages : Hercule est progressivement amené à remettre en cause la justification de ses missions et à se rebeller contre sa destinée.
Le Héros est donc une excellente surprise à découvrir d'urgence et le talentueux David Rubin entre immédiatement dans ma liste des auteurs à suivre. Vivement le 2e tome !

Lu dans le cadre Masse Critique Babelio que je remercie ainsi que les éditions Rackham pour cette découverte. 

18 novembre 2012

Malefic Time, T1 : Apocalypse de Luis Royo

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Résumé de l'Editeur : chez Milady Graphics

New York, 2038. Le monde a sombré dans un cauchemar sans nom. La métropole dévastée demeure l'emblème du monde, mais d'inquiétantes créatures font planer une lourde menace sur la ville. Les membres de la secte des Treize Lunes montent la garde dans un entrepôt désaffecté. Luz reçoit la visite de son maître, Baal, et se voit remettre Malefic, une arme redoutable, ornée de symboles ésotériques qui remontent à la nuit des temps. L'occasion rêvée pour venger la mort de sa compagne, Soum, dont le cœur a été arraché par des êtres sanguinaires...

L'avis de Block : 

L’Apocalypse selon les Royo est humide, glacial et peuplé de créatures sorties d’une parade gothique : le Manhattan de l’année 2038 est devenu le champs de bataille d’un conflit opposant des forces ésotériques supérieures. Après avoir planté ce décor, le récit du roman graphique s’attarde sur le personnage de Luz, une goth mélancolique et dangereuse qui, en raison de ses origines mystérieuses, sera appelée à jouer un rôle qui la dépasse. Elle est accompagnée de Soum, membre d’une secte occulte nippone, envoyée en mission dans ce New York ravagé, et d’un geek vaguement emo, Allen.

téléchargement

Disons-le d’emblée : l’histoire de Malefic Time – dont la narration n’est pas un modèle de fluidité – n’est qu’un prétexte. Si en général, dans le roman graphique, les dessins, aussi beaux soient-il, restent au service du récit, ici c’est l’inverse : les textes de Romulo Royo semblent davantage destinés à contextualiser les superbes illustrations de son père, Luis. Et si ce dernier veut dessiner une japonaise tatouée maniant des katanas, des démons ailés, une reine égyptienne ou une fille dans son bain, c’est au fiston d’inventer une cohérence entre ces tableaux. Cette démarche est d’ailleurs revendiquée dans les bonus de l’ouvrage. L’histoire de Malefic Time a été brodée autour du personnage de Luz, né il y a vingt ans dans l’esprit de Luis Royo. Celui-ci a, au fil du temps, cherché à donner à sa création davantage de consistance en évoquant ses origines et en développant l’univers dans lequel la jeune femme évolue.

Mais l’intérêt de l’ouvrage réside surtout dans ses illustrations. Essentiellement des huiles et acryliques sur papier, les peintures de Luis Royo sont splendides. L’artiste a eu la bonne idée de lever le pied à la fois sur l’aérographe et sur l’usage des couleurs, pour livrer des tableaux sobres, quasi monochromatiques, dans des tons gris ou sépia, relevés parfois d’une touche de rouge ou de bleu. Avec un sens aigu de la lumière – voir par exemple le vol épique des « anges » dans la cathédrale St. Patrick – Luis Royo retranscrit magnifiquement l’atmosphère de solitude et de désolation qui règne dans l’univers gothique et post-apocalyptique de Malefic Time. L’artiste offre de sublimes vues de son Manhattan déchu : des gratte-ciel rongés par l’humidité, des rues désertes dévorées par la brume, des carcasses de voitures abandonnées, des rames de métro désaffectées… Certaines illustrations s’étalent sur des doubles-pages à couper le souffle qui invitent le lecteur à promener longuement son regard pour s’y immerger pleinement. Quant aux femmes, sujet de prédilection de Luis Royo, elles sont, sous l’ahurissante finesse du trait de l’artiste, plus éthérées et plus gracieuses que jamais.

images

Un mot également sur le remarquable travail d’édition de Milady Graphics. Le livre est accompagné d’un DVD offrant de nombreux bonus : une sorte de making-off, des scènes coupées, un commentaire de l’œuvre, un musée virtuel ainsi que cinq titres composés et interprétés par le groupe de metal mélo-progressif espagnol, Avalanch, sur le thème de Malefic Time ; tout ceci afin de prolonger et d’approfondir l’expérience.

Pas tout-à-fait roman graphique, mais bien plus qu’un simple livre d’illustrations, Malefic Time, Apocalypse, est donc une œuvre pluridisciplinaire, originale et ambitieuse, qui mérite vraiment le détour. Deux suites sont prévues : elles ne seront pas de trop pour explorer la richesse de l’univers des Royo.

31 octobre 2012

35ème édition du Festival Quai des Bulles 2012

quai des bulles 2012

A quelques pas des légendaires remparts de Saint-Malo s'est tenue, les 26, 27 et 28 octobre 2012, la 35e édition du festival Quai des Bulles, consacré au neuvième art. Créé en 1981, ce festival est parvenu, malgré une forte affluence – plus de 32 000 visiteurs en trois jours cette année – à conserver son atmosphère familiale et conviviale. 

Toujours aussi éclectique, le festival réunissait cette année quelques 560 auteurs, les maisons d'éditions historiques (Dupuis, Dargaud, Glénat, Soleil, Delcourt, etc.) ainsi que les éditeurs plus récents (Emmanuel Proust, Ankama, Akileos, Les Requins Marteaux, etc.) et mettait à l’honneur les innombrables genres et sous-genres que brasse la bd franco-belge et les comics – les mangas étant, de leur côté, moins représentés. 

Au programme, la traditionnelle chasse aux dédicaces, où les plus mordus se démènent et déploient des trésors d'ingéniosité pour obtenir le maximum de crobars (parfois vite faits, parfois ultra léchés) de leurs auteurs fétiches. Certains dieux auteurs sont d'ailleurs tellement sollicités que des tirages au sort sont organisés pour pouvoir espérer les approcher et obtenir la sainte dédicace. Il est d’ailleurs assez amusant d’observer que tout le monde finit par se prêter au jeu. Y compris des bambins que l’on peut voir circuler dans les allées avec leurs bd sous le bras et faire la queue devant les nombreux stands jeunesse.

dedicace

crédit photo : les Chroniques d'Evenusia

Une dédicace de l’excellent dessinateur Riff Reb’s, auteur notamment de la récente adaptation (chez Soleil) du roman de Jack London, Le Loup des mers. Chaque page tournée est une vague d’eau salée et d’écume projetée à la face du lecteur. 

dédicaces 2

crédit photo : Les Chroniques d'Evenusia

L’incontournable Olivier Vatine (à gauche) et Mike Hawthorne (à droite): 

ils adaptent en bd (chez Ankama) respectivement Niourk et Oms en série, deux classiques de la littérature de science-fiction, signés Stefan Wul.

Pour ceux que la quête du Graal de la dédicace motive moins, ce festival reste une très agréable occasion d’échanger quelques mots avec les auteurs, les éditeurs et autres passionnés du milieu, de se tenir au courant des dernières séries qui cartonnent ou de découvrir des auteurs prometteurs. Des concours, des conférences – un peu fumeuses parfois – et plusieurs expositions sont également organisés tout au long du festival : on retiendra surtout cette année deux expos, consacrées respectivement aux magnifiques planches de l’Allemand Andreas (auteur, notamment, de la série ésotérique culte Capricorne) et à celles du Britannique Sean Philips (dessinateur de la géniale série Criminal, entre autres).

Quelques mauvais points viennent assombrir le bilan globalement très positif de cette édition : deux stands de restauration seulement ( !) qui ont en plus le mauvais goût d’être assez mal approvisionnés – mieux vaut sortir du festival pour aller déguster une crêpe à l’intérieur des remparts… – et une capacité d’accueil du site qui atteint son seuil critique : les organisateurs devront probablement faire le choix entre agrandir le festival ou limiter le nombre de billets d’entrée.

Le Quai des bulles, deuxième festival français consacré à la bd (après Angoulême), reste une valeur sure pour les amoureux du neuvième art ou pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Site officiel : http://www.quaidesbulles.com/

Compte-rendu de Block pour Les Chroniques d'Evenusia

 

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