
Sortie VF le 7 Mars 2018
Présentation de l’éditeur : chez JC Lattès
Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé ?
Car Helena a un secret : elle est l’enfant du viol. Sa mère, kidnappée adolescente, a été retenue prisonnière dans une cabane cachée au fond des marais du Michigan, sans électricité, sans chauffage, sans eau courante. Née deux ans plus tard, Helena aimait cette enfance de sauvageonne. Et même si son père était parfois brutal, elle l’aimait aussi… jusqu’à ce qu’elle découvre toute sa cruauté.
Vingt ans après, elle a enfoui ses souvenirs si profondément que même son mari ignore la vérité. Mais aujourd’hui son père a tué deux gardiens de prison et s’est volatilisé dans les marais, une zone qu’il connaît mieux que personne. Malgré la chasse à l’homme lancée par les autorités, Helena sait que la police n’a aucune chance de l’arrêter. Parce qu’elle a été son élève, la seule personne capable de retrouver cet expert en survie, que la presse a surnommé Le Roi des Marais, c'est sa fille.
L'avis de Linagalatée :
Helena a 12 ans quand elle rencontre la « civilisation », elle qui est née dans le dénuement le plus total. Son père Jacob a enlevé une jeune fille de 14 ans pour l’obliger à devenir sa femme et vivre avec lui dans les marais du Michigan selon les rites indiens, sans eau courante, ni chauffage, ni électricité. Helena est née de ses multiples viols.
Aujourd’hui elle a réussi à construire sa vie, un mari aimant et deux adorables petites filles, qui ignorent tout de ses origines.
Son père qui avait été condamné à la prison à perpétuité, est parvenu à s’enfuir de prison en tuant deux gardiens. Helena sait qu’il n’aura aucun mal à semer ses poursuivants, la traque, a été toute sa vie pendant de nombreuses années.
Mais aujourd’hui Helena a grandi, elle n’a plus peur de ce père aimant et tortionnaire à la fois, elle sait qu’elle va devoir le traquer, et le battre sur son propre terrain. Il lui a tout appris, Elle met sa famille à l’abri.
Commence alors LA TRAQUE !
Ce roman est librement adapté d’un conte d’Andersen, la fille du roi de la vase, on en retrouve d’ailleurs plusieurs petits extraits disséminés tout au long de la lecture, vous saurez à la fin pourquoi.
En entamant sa traque, Helena repense et nous raconte sa vie, depuis ses plus lointains souvenirs. Jusqu’à leur fuite, elle ne connaissait rien de la vie de sa mère, ni des conditions de la « rencontre » de ses parents.
Son père adorait Helena, il l’a même surnommée « Petite ombre », elle était sa petite ombre parfaite, il lui apprenait tout, poser des collets, les relever, pister les animaux, les tuer, les dépecer, à lire aussi dans de vieux National Géographic.
Elle passait ses journées avec lui dans les marais, à pêcher, chasser, ou tout simplement apprendre la nature.
Sa mère était l’esclave de la maison et Helena, qui calquait ses faits et gestes sur ceux son père, qu’elle idolâtrait, la traitait de même. Aucun lien ne semblait exister entre la mère et la fille.
Son père était sévère, méchant, cruel, vicieux, parfois, mais c’était quand elle faisait une bêtise, la punition était toujours exemplaire, elle devait servir à la faire réfléchir pour ne pas commettre une seconde fois la même erreur.
Mais Helena se souvient surtout, combien elle aimait son père, combien il était tout pour elle, combien elle l’admirait, elle aurait pu se passer de sa mère, mais certainement pas de son père, combien elle l’aime toujours malgré toutes les horreurs vues et subies.
C’est forcément une histoire très touchante, celle d’une enfant devenue adolescente, puis femme, qui revient sur ses souvenirs. Et même si elle parvient à analyser, et à trouver des bribes d’explications, aujourd’hui, même si elle estime que la place de ce père, est bien en prison, elle ne peut se détacher des souvenirs heureux qu’elle a avec lui.
C’est la frontière entre l’amour et la haine, des sentiments parfaitement expliqués tout au long des lignes. C’est la frontière entre le tolérable et l’inacceptable, et même si elle trouve le comportement de son père plus qu’intolérable, elle pardonne beaucoup de choses, parce qu’elle l’aime.
J’ai été très émue par cette magnifique histoire, par l’amour qui s’en dégage. J’ai été horrifiée par les actes de ce père, manipulateur, narcissique, parfois inhumain.
Helena parle peu des rapports entre ses parents, tout simplement parce qu’il n’y en avait quasiment pas, mais aussi, parce que c’est SON histoire à elle, qu’elle a décidé de nous raconter.
Son histoire entre son père et elle, qui se continue dans cette traque. Son père n’a pas choisi de s’évader si près de chez elle pour rien, elle en est certaine.
On peut se demander si une fois encore il aura le dernier mot, si la petite fille terrorisée par ce père incontrôlable a définitivement laissé place à cette femme indépendante et autonome qu’Helena est devenue.
Ce roman a été le roman de l’été dernier aux Etats-Unis, plus de 7 millions d’exemplaires vendus. Il sera disponible en France le 7 mars 2018, merci à Net Galley et aux Editions JC Lattès de nous avoir permis de le lire en avant-première.
Devant le succès littéraire rencontré aux US, et celui qu’il ne manquera pas de rencontrer en France, un film est actuellement en projet réalisé par Morten Tyldum (Imitation Game) avec dans le rôle de Helena, Alicia Vicander (The Danish Girl). Le tournage devrait débuter au début de l’été. Je suis un peu étonnée du choix de l’actrice, elle va devoir assumer ce rôle de sauvageonne cruelle. Pour l’instant aucune information n’a filtré quant à qui tiendrait le rôle du père. Ce seront de toute façon deux rôles très forts.